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Mercredi 23 Aout 2017 – à l’occasion de la 40e édition du Festival de Cinéma de Douarnenez et dans le cadre du programme DZ IN SITU, Thomas Chatard & Antoine Ledroit proposeront une version de Sans Titre (24XH²O)

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Projection 35mm altérée

1 film 35mm couleur
1 Projecteur 35mm / 2 enceintes
2 opérateurs

En 2008, nous découvrons dans un cinéma associatif un stock de bandes annonces 35mm abandonnées sur des étagères depuis plusieurs années. Bandes annonce témoins d’une double disparition (mouvement cyclique de l’oubli dû à la fréquence intensive des sorties de film sur les écrans de cinéma, mutation actuelle dans le monde du cinéma où l’argentique cède sa place au numérique).
Que faire alors de ces témoins?
Faire les pirates. Déposer, enfouir, abandonner secrètement ces bobines dans différents lieux pour laisser le temps, les éléments naturels, altérer progressivement l’émulsion des pellicules. En France, en Finlande, en Allemagne, en Guinée. Une carte de ces pellicules enfouies s’ébauche petit à petit, écho lointain à un monde et une mythologie disparus de la piraterie et de trésors cachés.
Au bout de 6 mois, 1 an, 3 ans…, nous retournons à ces lieux d’enfouissement, et récupérons les bobines détériorées.
Parfois, ces films disparaissent totalement, absorbés par le milieu qui bouge imperceptiblement. Parfois, le film est toujours là. Différent. Le milieu naturel (humidité, air, terre, compost, neige…) a posé son empreinte sur les pellicules, altéré l’émulsion chimique des bobines.
Sans-titre (24xH2o) est entièrement composé de ces films originaux, sans aucun traitement ou retirage faits en laboratoire.
Ces images chargées de grains et allégées d’émulsion révèlent leur matérialité et nous emmènent dans un autre environnement cinématographique.
Les résidus des plans originels servent de décors à une nouvelle expérience.
La fiction cède volontiers sa place à l’organique et à la rythmique. Offrant un retour à la magie, à la transparence du support originel.
Sans-titre (24xH2o) expose également le système technique de projection, le place au milieu du public. La mécanique du projecteur dégage son énergie brute, énergie qui répond à celle, toute organique, de l’image et du son provenant de la pellicule.
Jouant du défilement mécanique et régulier, Sans-titre (24xH2o) s’offre alors sur la toile de l’écran comme une peinture lumineuse mouvementée et perturbée tout en célébrant les possibles derniers soubresauts d’un projecteur 35mm.

Sans Titre (24xH2o) sur Vimeo : vimeo.com/user9024530
Antoine Ledroit sur Vimeo : vimeo.com/antoineledroit

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Quelques nouvelles des actualités du labo de Mire…

Le week end passé (9 mai), Antoine Ledroit et Thomas Chatard sont allés montrer leurs bandes-annonces défigurées (Sans Titre 24xH2o) à Orléans, au 108 chez les rois du numérique, Labomedia !
Sans-Titre (24xh2o)

Guillaume Ferry et Stéphane Racine travaillent dur au labo… dans la suite des recherches sur le développement aux produits du quotidien et la fabrication d’émulsion avec l’abominable. Chimies alternatives, emulsion maison, mordançage et peut-être bientôt de la 3D en 16mm…
Ils présentent leurs travaux en cours à l’atelier Super8 de Tours ce week-end (16 mai).
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Pendant ce temps-là, un nouveau projet de performance se prépare entre trois duos d’adhérents et sympathisants : Mariane Moula & Carole Thibaud (TroisPointsCrochets), Aurélie Percevault et Antoine Ledroit (projet Sillages), Clinch & Pierre Pierre Pierre (AV2). ZÉRO PIXEL jouera donc pour la première fois le 20 mai à Rennes. La pièce « 18ips », jeu d’amorces et de décomptes pour 6 projecteurs 16mm, ouvrira le festival Oodaaq au Jardin Moderne.

SANS TITRE (24xH²o)

« Chaque semaine, les devantures de cinéma, les placards publicitaires s’habillent de nouveaux films, de nouveaux titres, de nouvelles affiches. Un acteur, une actrice, parfois les deux. Les écrans, à l’intérieur des salles, suivent ce rythme. Nouveaux films, nouveaux visages (presque les mêmes, un peu différents), nouvelles histoires (presque les mêmes, un peu différentes).
Des millions de photogrammes se posent sur nos rétines.
Avec leurs visages, leurs histoires.
Quelque temps. Une semaine, deux, parfois un peu plus.
Puis disparaissent. »

 

Pour cette première Résidence Locale, Mire accueille Antoine Ledroit et Thomas Chatard et leur projet Sans titre (24xH²o) au Jardin C.

Les deux artistes se réapproprient de façon sensible et politique un stock de bandes annonces 35mm, qu’ils enterrent dans différents sites au gré de déplacements ou de manière plus domestique et encadrée, provoquant une altération de l’émulsion du film, et détournant ainsi leur fonction originelle.

A partir de la fin janvier, ils investiront petit à petit l’Ile de Nantes et le Jardin C, permettant aux visiteurs de suivre leur processus de création.

 

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ACTIONS / RENDEZ-VOUS

23 Janvier 2012 | Lancement de résidence : Nouvelle Lune #Janvier – Amorce du projet
22 – 25 Mars 2012 | Rencontre et performance : Week End d’Equinoxe – Plantation de Printemps
12 et 13 Mai 2012 | Exposition à l’occasion de l’Art prend l’Air : in frames with
18 Octobre 2012 | Projection pour l’évènement Drive Out

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TRAILER

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SOUTIEN

in frames with / 20 tirages photo pour un film 35mm

Pour permettre le financement de leur film, Antoine Ledroit et Thomas Chatard réalisent des tirages photographiques 60×40 de certains photogrammes issus de leurs rushs.
Contribuez à ce projet en acquérant pour 95 euros des tirages de la série in frames with.
Vous pouvez voir les 20 tirages à cette adresse: inframeswith.tumblr.com

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NOTE D’INTENTION

Sans titre (24xH²o) est à la fois un projet de films et d’installations évolutives jouant avec la matérialité du cinéma, autant dans ses dimensions artistique et picturale que dans son aspect économique. Cette œuvre [est à présenter comme] un travail pluriel, protéiforme, en régulière évolution formelle, prête à épouser de nouveaux territoires.
Sans titre (24xH²o) est porteur d’une démarche de glissement du champ cinématographique vers d’autres champs artistiques, tels que la peinture, la photographie, la vidéo, le land-art et de décloisonnement de son espace de diffusion qui ne pourrait se contenter de la salle de cinéma et du projecteur. À l’image de notre processus de création qui extrait des pellicules de film annonce du circuit économique du cinéma et à leurs éphémères existences, nous pensons qu’il est possible et nécessaire de présenter l’image argentique en mouvement sous des formes variées et dans différents lieux.

Lors de notre premier projet commun Sans titre (625×25), notre regard s’était porté sur le flux hertzien de la télévision que nous avions dans un premier temps refilmé puis remodelé au montage numérique pour créer une installation vidéo labyrinthique où s’entrelaçaient visages, corps et balayages de pixels dans une grande et lente peinture en mouvement. Offrant aux spectateurs l’idée qu’il peut exister une télévision belle et poétique qui ne naîtra néanmoins que d’un chaos originel orchestré par l’œil du spectateur/auteur.

En 2008, nous découvrons dans un cinéma associatif de Bretagne un stock de bandes annonces 35mm. Bandes annonces abandonnées sur des étagères depuis plusieurs années. Petit à petit s’est esquissée la volonté de poursuivre, avec ce nouveau support, notre démarche : la réappropriation sensible et poétique d’un matériel audiovisuel préexistant issu exclusivement du champ économique (publicités, séries télévisuelles à très grande diffusion, bandes annonce de cinéma).
Sans titre (24xH²o) est exclusivement constitué de photogrammes et d’extraits issus de ces bandes-annonces de films de grande distribution, ces pellicules déjà impressionnées extraites du circuit cinématographique avant leur future et certaine destruction (la quasi totalité des films annonce sont brûlées à leur retour en stock) sont traitées chimiquement, exposées à des éléments extérieurs (humidité, air, terre, compost…), grattées pour leur donner une poésie, une dimension sensitive et politique. Il s’agit effectivement par ce geste irréversible de détérioration, opéré par nos soins, de mettre fin à la finalité économique et l’existence éphémère (quelques projections en avant programme d’un autre film) de ces supports film annonce pour réintroduire ce matériel dans le champs esthétique. Ce geste est arrêté juste avant la destruction et disparition totale pour y sonder les vestiges qui résistent et les exposer.
Ces images chargées de grains et allégées d’émulsion révèlent alors leur matérialité et nous emmènent dans un autre environnement cinématographique. Les résidus des plans originels servent de décors à une nouvelle histoire, l’image fiction cède volontiers sa place à une matière picturale et organique. Le cinéma glisse vers la peinture et la photographie. Offrant un retour à la magie, à la transparence du support originel et instaurant un dialogue entre les vestiges fictifs de la pellicule, l’usure du temps, l’oubli et la lente érosion des souvenirs.

Notre démarche entend détourner la portée économique de ces films trouvés par un acte fort et irréversible : l’altération de son émulsion. Ce processus primordial d’altération demande une temporalité qui s’oppose à l’éphémérité du medium d’origine (bande annonce). La déformation chimique de la pellicule est en effet lente et doit être patiemment orchestrée. Investir ce nouvel espace qu’offre le Jardin C va permettre de  bénéficier de cette temporalité étendue nécessaire. Mais la nature même de cet espace collectif et ouvert permet d’envisager de nouveaux horizons de réflexions pour notre projet. Il devient possible d’exposer ce lent processus d’altération, d’érosion des pellicules, de le documenter, de le mettre en scène. Le Jardin C permet également aux visiteurs d’appréhender un travail en cours, d’y participer peut-être et de confronter leur propre mémoire cinématographique à un film en émergence. Film en émergence qui joue pourtant sur la disparition des images, des codes cinématographiques reconnaissables. Cette contradiction constitue une dynamique du processus génératrice de questionnements qu’il serait intéressant de mettre en scène grâce au Jardin C.

Nous avons pour l’instant suivi deux méthodes générales de détérioration de l’émulsion chimique des films : l’enfouissement sauvage dans différents lieux (le milieu naturel pose alors petit à petit son empreinte sur les pellicules) et le compostage domestique des pellicules avec différents ingrédients (tomates, agrumes, légumes…) qui jouent sur la chimie des films et modifient ainsi les couleurs et les formes des images.

Nous souhaitons maintenir ces deux méthodes de travail et agrémenter ceci d’un témoignage.
1- Effectuer des enfouissements sauvages au gré d’endroits investis secrètement (tel des pirates contemporains).
2- Ancrer une présence organique domestiquée et scientifique dans le jardin C.
3- Exposer un écho numérique sur internet à ces plan-t-s égrenés.

 

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