A l’occasion de son 10e anniversaire, et pour célébrer un amour partagé de la pellicule et de la mécanique du cinéma, le festival Les Films à roulettes invite Mire à une carte blanche.
La programmation se déroulera en deux parties.
Sur la route de Rochefort : projection 16mm et 35 mm !
En écho à la projection des Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy, l’association Mire propose une sélection de quelques pépites argentiques où expérimentations, jazz, rythmes, peintures et animations swinguent de concert sur l’écran.
Cameras take five de Steven WOLOSHEN
2003 / 35mm / couleur / sonore / 3′ 00
Une longue romance de lignes qu’on explore dans cette animation, réalisée sans caméra, créée à la main et colorée par l’animateur de Montréal, Steven Woloshen. Le morceau de jazz, un standard, de Dave Brubeck, Take Five, est le point de départ de cette interprétation visuelle abstraite. En Cinémascope.
« J’ai commencé ce film comme à mon habitude, c’est-à-dire que je n’ai préparé aucun récit, ni personnage ou chapitre avant de commencer cette animation. Alors que je travaillais et que j’écoutais le morceau – au moins vingt fois – la ligne qui se dessinait (elle représentait le son du saxophone) me menait d’un côté et de l’autre du cadre. Deux couleurs principales se sont mises à dominer, et je découpais le film selon des chorus, des soli et des refrains. Bien que Take Five soit un standard du jazz, je le trouve plutôt structuré à la façon d’un air pop. Au final, une structure filmique plus narrative a fait son apparition. »
Ditty dot comma de Steven WOLOSHEN
2001 / 35mm / couleur / sonore / 3′ 00
Au diapason avec le style cool du batteur de jazz Buddy Rich, et en suivant le rythme du pianiste Oscar Peterson, nous faisons un bond musical dans l’animation abstraite, en Cinémascope, et en 35 mm, de Steven Woloshen : Ditty Dot Comma.
Des formes animées, dessinées directement sur l’émulsion de la pellicule, nous ouvrent les portes d’un monde abstrait, et le public est propulsé dans une expérience écranique pure. Libérée des trames dramatiques, du langage et des formes identifiables, une expérience filmique universelle et démocratique commence. Convient à tous les âges et à tous les publics.
Trade tattoo de Len LYE
1937 / couleur / sonore / 1 écran / 5′ 00
«Dans TRADE TATTOO, la technique flamboyante de Rainbow Dance (1936) atteint à une synthèse vraiment aboutie non seulement entre les différentes techniques complexes explorées par Len Lye – utilisation d’images ou de textures peintes à la main, de couleurs très vives, de caches-contre-caches, de négatifs – mais aussi entre la prise de vues réelle (de sujets plus «sérieux») et les éléments abstraits. Le «sujet» du film étant l’importance des communications postales pour l’industrie, Len Lye s’est servi de séquences de films sur l’industrie provenant sans doute de parties non utilisées de films documentaires tournés par des réalisateurs avec qui il avait travaillé pour le G.P.O Film Unit (unité de production de films des Postes britanniques). L’habileté du montage est telle qu’elle aurait suscité l’admiration de Vertov lui-même! Parmi les autres techniques explorées figure la technique image par image, qui donne au film sa pulsation rythmique.
C’est aussi le premier film dans lequel l’image d’une perforation est utilisée comme élément conscient: sans doute s’agissait-il à l’origine d’un accident, mais il est clair que Len Lye s’en est ensuite délibérément servi comme référence au matériau filmique – mais aussi à d’autres niveaux, puisque la même forme rectangulaire se promène à travers l’écran, avant de se transformer à son tour en lettre ou en paquet postal.» Malcolm Le Grice.
(On reconnaît des plans provenant de Drifters, 1929 – Song Of Ceylon, 1935 – Coalface, 1935 et Night Mail, 1936).
Colour Flight de Len LYE
1938 / couleur / sonore / 4′ 00
Musique: Honolulu Blues par Red Nichols et ses Five Pennies.
«Len Lye choisit un air dont il capte et traduit les pulsations sous forme d’un cocktail de couleurs. On a droit à un lavage de l’oeil dont même aujourd’hui on n’a pas retrouvé la recette.» Raphaël Bassan.
Hula de Amy HALPERN
2022 / 16mm / couleur / sonore / 6′ 00
Avec Henry Franklin à la contrebasse.
« Une partition de musique abstraite, et autre chose de très évident. » — A.H.
Une notation musicale abstraite, mais évidente, montre des palmiers de l’espèce Filifera washingtonia — seule espèce endémique de palmier en Amérique — « le » palmier, ami et allié des peuples indigènes d’Amérique du Nord.
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Carte blanche à la Chambre noire de Mire – 30mn
Mire est une association dédiée à la diffusion du cinéma expérimental, mais aussi à sa production. Et pour cela, elle possède un laboratoire de développement argentique. Place donc à quelques films imaginés et produits par des adhérent.es dans notre chambre noire. Projection 16 mm et super 8 !
Extinction d’une fosse de 6M2 à l’aide d’un extincteur à poudre de 9kg – Collectif Mire Workshop Cécile Fontaine
2022 – 16mm – son optique – 4’00
Ce film est le résultat d’un week-end hivernal passé auprès de Cécile Fontaine durant lequel elle a dévoilé ses techniques de séparation d’émulsion à partir de found footage. Une joyeuse explosion de couleurs et textures révélatrice de l’énergie collective bouillonnante ressentie durant le workshop. Un film par Thomas Dupuis, Jerôme Jolly, Alexia Hénon, Clara Lazare, Béatrice Lemoine, Mariane Moula, Violette Palasi, Laure Peigné, Aurélie Percevault, Hannah Pujar et Erwan Tracol.
L’effet bolduc de Aurélie Percevault
2021 – 16mm – sonore – 3’00
« Comme le ruban décoratif auquel il emprunte le nom, le film s’enroule, se déplie et s’entortille dans un déluge de sons et de couleurs à la douceur bleutée » Festival les Inattendus, 13e édition 2022
Chiyo in blue, Qiyun in pink de Erwan Tracol
2021 – 16mm – Silencieux – 2’00
De la pellicule périmée et des teintures agressives. Le portrait simultané d’une rencontre et d’une rupture.
TransHumance de Elodie Ferré
2021 – 16mm – sonore – 7 ‘00
Un troupeau de vaches, ignorantes de leurs destination, vogue vers les pâturages d’été. Le voyage est l’occasion d’imprévus et d’expérimentations de solarisation chimique sur le négatif 16mm d’origine.
Sillages#2 de Aurélie Percevault et Antoine Ledroit
2014 – 16mm- silencieux – 5’20
Condensation et répétition d’instants passés, capturés puis oubliés.
Un roadmovie sans voitures. Réminiscences de présences.
Quoiqu’il nous advienne, les horizons sont là.
Quoiqu’il nous adviendra, les horizons seront là. »
