Trois programmes de films argentiques contemporains élaborés avec soin en puisant dans le riche corpus des quelque 300 œuvres reçues à l’occasion de l’appel lancé au sein du réseau international des laboratoires d’artistes « filmlabs.org ». Les L.A.D sont l’occasion de prendre le pouls d’une création toujours aussi palpitante.
En présence des cinéastes suivant·e·s : Nicole Remy, Carole Thibaud, Eva Claus, Laurence Favre, Lichun Tseng
* bande de film étalon standard de Kodak
18h30 – Première séance
Allers-retours entre le dedans, le dehors, les formes documentaires et la matière de l’image.
Cheminement allant des envolées d’une caméra capturant la lumière jusqu’à la gravité nécessairement liée à la mort.
Papillonnements dans un champ de fleurs aux couleurs vivaces.
Apparition, disparition, rapprochement, réparation.
Rencontres singulières, voire rencontres du 3e type ?
« Le cinéma est un formidable moyen de transport. »
A Certain Light, Nicole Remy – Nanolab – ES / AUS – 2024 – 16mm – 15′
« A Certain Light est un voyage à travers différents procédés de captation de la lumière à l’aide d’appareils sténopé (appareil sténopé au format Super 8), accompagné d’un magnétophone pendant ma résidence au Nanolab (Daylesford, Australie). Il représente un lien entre l’intérieur et l’extérieur, entre aller de l’avant et revenir en arrière. C’est à propos de l’espace que j’habite, celui par lequel je passe et que je capture encore et encore. »
A Shifting
Pattern, Isaac Shermann – Fotokem – US – 2024 16mm – 6′
Crédits musicaux : Nicole McCabe ….. saxophone /Alex Babbitt ……… flûte/ Isaac Sherman ….. synthétiseurs, composition
Avertissement : ce film contient des images stroboscopiques
« Une géographie collectée de fleurs locales ; apparaissant, disparaissant, réapparaissant. L’image résiduelle devient l’image antérieure, la physiologie et la pathologie à l’œuvre. Une ode au quartier, une prise au piège qui offre de petits moments d’évasion. La volonté de marcher sans but se régénère alors que l’immobilité se fait mouvement et inversement. »
The Instability of Clouds, Zazie Ray-Trapido – Fotokem – US – 2023 – 16mm > digital – 15’
« Deux voisines se lient d’amitié après avoir partagé un événement traumatique, le développement immobilier continue de grignoter le territoire naturel, et une communauté célèbre la liberté. The Instability of Clouds explore un écosystème des banlieues en déclin et en pleine croissance, traversant ses espaces de confort, de spectacle et de désastre. À travers l’observation et la construction des facettes d’un quartier de banlieue du Sud de la Californie, les liens entre le paysage, les voisins et l’environnement ruminent sur le rêve américain et ses résonances. »
Super, Natural, Kyath Battie – Niagara Custom Lab – CAN – 2025 – 16 mm – 7′
« L’île de Vancouver, surnaturelle de par sa construction et sa mémoire, se découvre à travers des paysages représentés par des symboles coloniaux, des fontaines mystérieuses et brillantes, et un curieux paon. Un tableau de curiosités, chaque rencontre est singulière, mais unie par une beauté à la fois époustouflante et dévastée.»
Transalps, Olivier Dutel – Film Base – FR – 2025 – 16mm – 7′
« Le cinéma est un formidable moyen de transport. Avion, train, sous l’eau, à 200 à l’heure ou bringuebalé dans une carriole… Avec la marche, c’est le moyen de locomotion préféré des cinéastes. Ce film coupe dans le lard des rushs du voyage originel (sûrement des images techniques) et joue avec le son. »
Trilogie Carnassière (2), Carole Thibaud – Mire, L’abominable – FR – 16mm – 14′
« La Trilogie Carnassière est un triptyque sur la viande.
Ce sont des animaux, des humains, des mises à mort, toujours dans un contexte intime, à la ferme, suivant une certaine tradition, avec ce qui s’est transmis et ce qui s’est perdu, avec de la joie, de l’improvisation, du chaos, mais aussi cette gravité nécessairement liée à la mort.
Le premier film est un tissage d’ailes, de plumes, et de sang de poulets.
Le second est une mise à mort de cochons, filmée en 16mm dans un lieu collectif, où l’on ressent l’importance forte de la transmission et du partage. De loin on croirait voir une agitation fébrile, confuse, mais c’est à l’approche que l’on découvre la précision des gestes et un savoir-faire précieux, et cela devient comme une danse de bottes, de mains et de couteaux. Il y a à la fois ce sentiment du moment grave, presque solennel, car on a tué et il faut que cela soit bien fait, et cette joie qui augure la convivialité à venir, le plaisir intense du repas partagé. »
Fabriqué à Mire, L’abominable et Color by Dejonghe.
Petite restauration entre les deux séances.
21h – Deuxième séance
Du soleil sur pellicule 16mm.
Immensité du paysage, forces centrifuges.
Minéral, cosmique, humain.
Les cycles et la transformation.
To Be a Day, Eva Claus – Dejonghe – BE – 2025 – 16 mm – 8′
« Une fenêtre sur le monde extérieur, tout comme le cadre de la caméra. À travers cette fenêtre, j’observe le lever du soleil. To Be a Day capte la lumière du soleil se déployant sur un vaste paysage marin à Fogo Island, au Canada. Entre le lever et le coucher du soleil, une série de points blancs apparaissent. Ces cercles blancs reflètent la lumière de la lune, guidant les pêcheurs alors qu’ils traversent la jetée vers leurs cabanes et leurs bateaux au petit matin. »
Estrelladistante, Celeste Rojas Mugica – Elias Querejeta Zine Eskola – ES – 2023 – 16 mm > digital – 13′
« Une étrange arme d’une complexité optique peut projeter une gigantesque lumière aveuglante sur tout le territoire. Dirigé précisément, le rayon peut provoquer une chaleur colossale, capable de tout détruire. La nuit est éteinte, la terre brûle, les créatures s’enfuient à tâtons vers les profondeurs du monde. Dans les trous sombres, l’espace se déploie suffisamment pour imaginer un refuge où un autre imaginaire pourrait apparaître. »
Tooborac, Richard Tuohy & Dianna Barrie- Nanolab – AUS – 2025 – 16mm – 9′
« Des tors de granit disséminés sur 20 kilomètres carrés autour de Tooborac, dans le centre de l’État de Victoria, dansent dans une célébration extatique de leur propre endurance. »
Zerzura, Laurence Favre – LaborBerlin / Andec – DE – 2024 – 16 mm – 11′
« Comment perçoit-on la « nature » ? Est-ce une « chose » à laquelle nous, humains, sommes extérieurs ? Ou faisons-nous tous partie d’un maillage où il n’y a ni centre ni périphérie? Est-ce qu’un assemblage de sons et d’images peut nous inviter à voir « la nature » comme du vivant, pourvu de sensibilité et d’agentivité ? Après Résistance (2017) et Osmose (2022), Zerzura clos la trilogie Corpus Animale. »
Morphosis, Lichun Tseng & Mick o’Shea – Filmwerkplaats – NL – 2025 – 16 mm – 15′
« Un voyage en fluctuation, oscillant entre mémoire et réalité, entre passé et présent, où le son et l’image évoluent parfois en parallèle, parfois en cohésion : indépendants, cependant entrelacés.
Le changement se déploie au sein même du processus de création, entre nous, en nous, au sein de cette œuvre, dans la ligne continue et transformatrice de la morphose : au fil du temps, à travers le temps. »
