MireCinéma expérimental & image en mouvement+33 (0)2 40 89 78 07
info@mire-exp.org

L’Homme sans nom de Wang Bing

 

Dans le cadre du labo utile : Cinéma documentaire / cinéma expérimental – frontières, influences
Deuxième rendez-vous d’une série de labos utiles en partenariat avec le lieu unique sur les porosités entre l’image expérimentale et documentaire.

L'homme sans nomL'homme sans nom

L’Homme sans nom de Wang Bing

Chine, 2009, col, son, 16/9,  97’
Production : Wang Bing, Galerie Chantal Crousel, CNAP

+ Films d’archives documentaires de Auguste François (1857 – 1935)
Auguste François : YunnanScènes de rue dans la province du Yunnan, au tout début du 20e siècle

Projection suivie d’une discussion avec Jérôme Baron, directeur artistique du Festival des 3 Continents de Nantes

Quelque part en Chine, « l’homme sans nom » vit dans une cavité creusée sous la terre, dans un paysage désolé où se dressent d’énigmatiques murailles. Solitaire, taciturne, il vaque par tous les temps aux tâches que lui impose la culture de son champ. Sans échanger un mot, mais dans une grande proximité, Wang Bing suit les moindres gestes de cet homme qui, saison après saison, lutte pour sa survie.
Silhouette maigre et recourbée, froissée par l’effort et le froid, engoncée dans des loques, les mains noircies, le visage tanné, « l’homme sans nom » poursuit inlassablement son travail : il déplace des sacs de terre, ramasse à la main le crottin laissé sur une route glacée, puise l’eau d’une rivière limoneuse ou d’une flaque laissée par la pluie, dissimule des sacs sous terre, bêche son champ.
Ces tâches, parfois incompréhensibles, sidèrent par la résistance obstinée dont elles témoignent. Le film dresse la figure d’une humanité réduite au plus grand dénuement, exposée aux rudesses de la nature, retournée à l’état primitif, et qui pourtant persiste à vivre. Figure primitive ou figure d’avenir ? Exilé volontaire ou survivant ? Les ustensiles dont l’homme se sert, bidons, godets, sacs plastiques, sont autant de déchets du monde industriel. Dans le processus d’expansion économique de la Chine, quelle place tient ce marginal ?
Wang Bing, qui élude tout dialogue, n’avance pas d’explication.
Sylvain Maestraggi

Après des études en photographie, Wang Bing commence en 1999 son premier long métrage, le documentaire À l’ouest des rails qui deviendra un film de référence. Il tournera ensuite Fengming, chronique d’une femme chinoise, L’argent du charbon, Le fossé, Les Trois soeurs du Yunnan. En 2008, il crée une installation vidéo de 14 heures, Crude Oil.  Son nouveau film Til madness do us part (À la folie) sort en salles françaises le 11 mars 2015.

 

//// Labo Utile – Cinéma documentaire / cinéma expérimental – frontières, influences ////

* 4 novembre 2014 > Intertidal d’Alex MacKenzie + Hyas & Stenorinques de Jean Painlevé // avec Alex MacKenzie (cinéaste canadien)
* 17 mars 2015 > L’Homme sans nom de Wang Bing // avec Jérôme Baron (dir. Festival des 3 Continents)
* 28 avril 2015 > Dial H-I-S-T-O-R-Y de Johan Grimonprez // avec Aline Caillet ( Maître de conférences en esthétique et philosophie de l’art à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Les commentaires sont fermés.

MIRE

info@mire-exp.org
17 rue Paul Bellamy
44000 NANTES
~
02 40 89 78 07
www.mire-exp.org