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Labo Utile : in arbeit de Cinéma Copain

Cinéma documentaire / cinéma expérimental
Documenter le documentaire n°3 :

in_arbeitSi la société du travail est aujourd’hui en crise, elle le doit en premier lieu à l’extension de la pensée économique à tous les niveaux de l’activité humaine. Rien n’est plus absurde que d’attendre des solutions d’un discours qui dresse un catalogue d’exigences basé sur des prémices purement économiques définissant ce que nous – société, actifs et non actifs – devons faire pour garder notre chère bonne place. Nous pensons que ceci mène à un cercle vicieux et proposons non pas d’obéir aux apparentes contraintes factuelles mais plutôt de partir de la question de ce que nous souhaitons. En référence à Hannah Arendt qui nous invite à réfléchir sur le sens du statut d’actif, notre point de départ est de questionner le consensus social « Chaque travail est meilleur que de ne pas travailler du tout » et de nous poser la question du sens de nos activités.
Dans une chaîne d’entretiens transeuropéenne nous tentons de discuter la conception traditionnelle du travail et de montrer des biais coopératifs entre contrainte et sens.
Cinema Copain

in arbeit
de Cinéma copains – (Minze Tummescheit et Arne Hector) – 2012

ou « in arbeit / en construction / in the works / lavori in corso / w toku »
42 min, DigiBeta, 16:9 col & Ne&B, Son VOSTFR

IN ARBEIT repose sur le geste social élémentaire d’une personne qui se présente à une autre. Pour explorer les possibilités de l’action collective, Minze Tummescheit et Arne Hector déclenchent une chaîne d’entretiens, où le premier interviewé mène l’équipe du film au deuxième, et ainsi de suite. Ce qu’ils ont tous en commun c’est de travailler dans des structures coopératives.
Chaque coopérative crée ses propres images, sons et rythmes. Le tout forme une série qui devient en fin de compte un discours politique collectif, notamment à propos du cinéma lui-même.

Pour ouvrir la série, nous rencontrons le laboratoire cinématographique L’Abominable…

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L’Abominable est un laboratoire cinématographique collectif basé (ndlr : à l’époque) à Asnière-sur-Seine, France. Un atelier ouvert où l’on peut travailler, développer, monter et copier du film. Pour ce faire, le labo a remis en marche des machines abandonnées suite à la numérisation de l’industrie du cinéma. Le labo permet aux cinéastes de se réapproprier le travail de ce support, donc de gagner une certaine autonomie dans le processus de production.
La discussion approche la construction d’une structure ouverture, les questions d’auto-organisation, et de travaux qui transcendent le commercial. En parallèle de la discussion, les images montrent notre initiation au développement artisanal 16mm de nos images en une copie finale.

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Ce qui nous intéresse c’est les stratégies spécifiques des participant/e/s de s’approprier le travail.

Comment s’organisent les coopératives dans l’économie du marché? Est-ce qu’ils arrivent à articuler et vivre une autre conception du travail?
Comment établir un lieu de travail, qui n’obéit pas aux structures normatives de notre société de travail ?
Combien d’autonomie est ce qu’il y a dans des lieus de travail en autogestion?
Qu’est-ce que ça veut dire „travailler en autogestion“ dans un système où chacun est invité d’être entrepreneur de soi-même?
Qu’est-ce que le travail dans un mouvement social?
Que faut-il revendiquer si on ne veut ni le plein emploi ni l’état paternaliste ?
Quelle importance peut avoir la formation libre (on parle des écoles libres privées en Allemagne) et qu’est-ce que ça signifie pour les écoles publiques ?

Dans toutes les situations de travail que nous aimerons inclure dans la discussion il y a une double face – c’est autant juste pour les coopératives anti-mafia que pour les collectifs artistiques que pour les écoles libres – on se rend compte que les mots-clé de la gauche comme « autogestion » sont surusés, peut-être surestimés, et si on regarde la situation globale il s’agit sûrement des problèmes d’une minorité privilégiée. Ce film s’entend comme recherche pour discuter ces ambivalences et ne pas comme propagande pour des projets alternatifs. Si à la fin les rencontres entre les participant/e/s ont créé un surplus d’auto- réflexion, des pratiques ou de l’amitié, le projet sera réussi pour nous. Concrètement la vidéo doit documenter une série de dialogues sous la forme d’une chaîne d’entretiens. Chaque participant/e intervient dans deux entretiens, une fois comme celui qui répond aux questions une fois comme celui qui les pose. Il va de soi qu’il peut se développer une discussion sans que les positions soient précisément définies. Au premier entretien l’intervenant A discute avec l’intervenant B, puis ce dernier voyage avec nous pour rencontrer l’intervenant C etc… Tous les échanges sont filmés. Une caméra fixe filme un plan total sur toute la durée de l’entretien incluant tous les intervenants. Une seconde caméra, qui sera vue dans la prise de vue principale, filme les gros plans et les détails. Les dialogues seront liés des scènes du monde du travail dans nos alentours.

Plus d’infos sur le site de Cinéma Copain

 

 

 

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