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Jardin C – 2011 : Fondation

« Les gens se demanderont comment un jardin peut être art, pour moi l’art n’est pas tellement un produit, c’est plutôt un processus. L’art « se développe » d’un connu vers l’inconnu. L’art prend la responsabilité de l’énergie sous une forme appropriée. »
Maryanne Caruthers-Atkin. citation tirée de Overlay de L. Lippard, 1983

Mire fait partie des associations qui participent à la préfiguration du projet La Fabrique, Laboratoire(s) Artistique(s) depuis 2002.
Dans ce projet sur l’Île de Nantes, elle cherche d’abord à offrir un espace dédié et visible à des pratiques encore méconnues du grand public.

L’année 2011 pose les fondements du Jardin C avec une série d’ateliers, de chantiers participatifs et de rendez-vous rituels sur le devenir de cette parcelle en friche.

Le projet du Jardin C en 2011

A partir de septembre, Mire proposera dans le cadre de La Fabrique, son projet de jardin expérimental, le Jardin C.

Le Jardin C,
une parcelle en devenir sur un ancien site industriel
qui prend la forme inattendue d’un jardin collectif et participatif expérimental.

 

Ville : Nantes (44 – Loire-Atlantique)

Territoire : Île de Nantes (337 ha – 5 km /s 1 km) / Parcelle du bâtiment C de la Fabrique, Laboratoire(s) artistique(s)

Période : 2011-2014…

Contexte : Depuis 2003, Mire participe à la préfiguration du projet Fabrique avec le souci d’y offrir une place pour les pratiques et initiatives à la marge des pratiques plus habituelles. Créé à l’initiative de la Ville de Nantes, ce nouveau lieu de création artistique ouvrira ses portes à l’automne 2011.
Jardin C offre une alternative temporaire au bâtiment C, dédié aux pratiques expérimentales et émergentes, dont la construction sera re-évaluée au prochain mandat.
A ce jour, le projet de jardin collectif expérimental « Jardin C » comporte trois temps déclinés sur une période de cinq ans :

– 2011 : Fondation du jardin par sa délimitation. Ce premier projet collectif permet d’éprouver de manière concrète l’espace de la parcelle et de réfléchir à son intégration, de prendre en compte les caractéristiques du milieu censé l’accueillir. Ateliers et chantiers participatifs permettent ainsi de fédérer et d’interpeller autour de cette parcelle en friche et de son devenir.

– 2012-2014 : Dépollution du terrain par phytoremédiation et préparation à l’accueil d’une nouvelle activité sur le site. Cette période verra un croisement entre propositions artistiques, investigations scientifiques et activités liées au jardinage.

– 2015… : Le bouquet final (?). Le jardin C, comme tous jardins, est une création éphémère en perpétuelle évolution. Nous tiendrons cette position dès sa création, mais nous souhaitons aussi participer au devenir de cet espace.

Objectifs : Assurer l’intégrité du projet La Fabrique, Laboratoire(s) Artistique(s) et notamment sa fonction expérimentale en investissant le terrain du futur bâtiment C.
Dans cette perspective, créer un lieu de vie, de partage et de diffusion culturelle, le Jardin C, pour favoriser la reconnaissance des pratiques artistiques expérimentales.

ENTRE CREATION IN SITU, AMENAGEMENT D’EQUIPEMENT CULTUREL ET ACTIONS DE PROXIMITE

Jardin C est à l’intersection des jardins partagés (Cf 1), des jardins d’artistes (2) et de l’art environnemental.(3) Créer sur une friche un tel espace est d’abord le moyen de mettre en relation une pratique et ses acteurs avec le territoire et sa population. Cette coexistence de dimension sociale (jardinage collectif) et artistique (dépollution par l’art environnemental) entre naturellement dans le prolongement des actions menées et des champs développés à Mire.
Un jardin collectif, du fait de la variété des connaissances et de savoir-faire que nécessite une telle activité, favorise la rencontre de divers individus. On créé ainsi des croisements entre plusieurs activités dans le but de réunir des personnes issues de différents milieux socioprofessionnels et aux compétences complémentaires pour réfléchir aux façons de cultiver cet espace et ancrer le plus largement possible les pratiques expérimentales.

Jardin C prendra corps à travers différentes propositions : invitations d’artistes (résidences, créations in situ…), diffusion de pratiques expérimentales (projections, installations… ), actions culturelles de proximité (créations partagées, ateliers, sensibilisation…), jardinage (plantation, troc, entretien…), rencontres autour de thèmes liés aux jardins, à l’environnement et aux arts…
Ainsi, jardiniers, artistes, habitants et usagers pourront se rencontrer, s’entraider et trouver leur place dans ce nouvel espace. On entend également faire participer la population de l’Île à sa mise en forme pour sensibiliser, ou du moins, mettre en contact chaque usager du jardin avec les pratiques expérimentales.
Le jardin fonctionnera sur le modèle des jardins partagés. Mire accompagnera la naissance d’une dynamique d’autogestion et donnera les premiers outils organisationnels et les connaissances techniques nécessaires au bon fonctionnement du jardin. Nous nous entourerons de structures spécialisées dans la mise en place de jardins partagés comme, par exemple, l’association Vert le Jardin à Brest ou Le Jardin dans tout ses états à Rennes, ou le SEVE, Service des Espaces Verts et de l’Environnement de la Ville de Nantes.

 

Rendez-vous et projets du Jardin C en 2011

Nocturnes au Musée des Beaux-Arts de Nantes : Le paysage en quatre temps

Collection C

Visite

Ateliers

Evènements

Création

 

 Traces 2011



1) JARDIN PARTAGE : Le jardin partagé (appelé jardin communautaire dans le nord de la France et au Québec) est une forme de gestion en commun d’un terrain par un groupe d’habitants. Cette pratique est née en Amérique du Nord et se développe en France. Le premier jardin communautaire a été créé à Lille en 1997. Les jardins collectifs urbains sont nés à New York au début des années 1970, sous le nom de community gardens. Liz Christy, une artiste qui vivait dans le Lower East Side à Manhattan, se désolait du nombre de terrains vagues dans son quartier. Avec quelques amis, elle tenta d’y remédier en lançant des « bombes de graines » (seed bombs) par-dessus les grilles de terrains laissés à l’abandon, pour les transformer en jardins. Les Green Guerillas (Guerilleros verts) étaient nés. Il existe aujourd’hui plus de 600 community gardens à New York, et des milliers de jardins communautaires à travers l’Amérique du Nord. Les jardins partagés sont aussi les héritiers des jardins ouvriers (officiellement appelés jardins familiaux en France depuis la loi du 26 juillet 1952). Ils s’inscrivent également dans un phénomène historique d’appropriation de friches pour leur transformation en jardins potagers pendant les périodes de crises économiques (ex. Potato Patches) ou les guerres (Liberty Gardens pendant la Première Guerre mondiale et Victory Gardens pendant la Seconde). Les jardins partagés fleurissent à travers la France depuis une dizaine d’années. Le réseau national « Le Jardin dans tous ses États » a joué un rôle important dans cette éclosion en permettant des échanges entre jardiniers, élus et techniciens de collectivités locales. Le réseau a organisé un premier forum national à Lille en 1997, à Nantes deux ans plus tard, puis à Paris en 2005.

(2) JARDIN D’ARTISTE : Au cours des deux derniers siècle, la notion de jardin a fondamentalement changé. Il fait aujourd’hui partie intégrante de la vie de beaucoup de personnes. C’est un élément vital des communautés locales, une source de relaxation et de loisirs. Avec une population urbaine de plus en plus concentrée, beaucoup de gens se sont éloignés de la nature, et un jardin privatif devient un privilège toujours plus précieux. L’idée du jardin demeure forte dans la conscience populaire, mais pour beaucoup elle est juste « une idée ». Les artistes ont travaillé de multiple façon le concept du jardin : de manière visuelle, émotionnelle, intellectuelle et esthétique. Ils étudient par là même les propriétés d’un paysage en terme de forme, d’espace et de profondeur. Pour certains, le jardin est un lieu de rêverie propice à l’imaginaire, mais il représente également un monde perdu, délaissé et menacé. Pour d’autre, le jardin est représentatif sous la forme d’un microcosme de tout ce que la nature a connu jusqu’alors : commandé, cultivé, et entaillé… Les associations métaphoriques du jardin deviennent de plus en plus ambiguës et de plus en plus extrêmes, laissant place à l’imaginaire, à l’idéalisme, à l’imperfection et à l’adaptation…

(3) ART ENVIRONNEMENTAL : L’art environnemental ou art écologique s’est constitué dans une collaboration active avec le domaine scientifique, cherchant à éprouver dans l’expérience artistique une certaine efficience, présupposant des solutions et des résultats à des problèmes d’ordre écologique. La nature, la survie de l’homme en meilleure harmonie avec son environnement a occupé l’esprit d’artistes comme Alan Sonfist ou Hans Haacke. L’art environnemental a une dimension citoyenne et responsabilisante vis à vis de l’interaction homme/environnement, qui fait toute sa différence avec le Land Art. L’artiste « vert » agit pour le bien du citoyen, en réponse à un désordre affectant un site précis, jouant le rôle d’antidote aux dysfonctionnements d’une architecture urbaine moderniste vécue comme déracinante. Par exemple, Alan Sonfist avec Time Landscape en 1965, créé sur un terrain vague en plein de coeur de Manhattan, une forêt telle qu’elle devait être avant l’arrivée des colons européens. Ou bien dans Rhine water purification plant en 1972, Hans Haacke critique explicitement les effets de l’homme sur l’environnement en mettant en scène le processus de purification de l’eau du Rhin. Purifiée par des dépolluants chimiques, l’eau est versée dans un bassin à poissons rouges pour y constituer un environnement sain puis est déversée dans les sols pour rejoindre la nappe phréatique.

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