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Balisage nocturne

Dans le cadre du festival « L’Île était une fois »

TRAVAILLER A BASE DE LUMIERE

Observation: cette zone de l’île est une zone clairsemée du tissu urbain, une poche d’air dans la densité urbaine. Elle n’est pas éclairée comme le sont les quartiers habités. Elle est peu usitée et peu fréquentée, la nuit comme le jour. L’endroit semble désertique dans la mesure où, n’étant plus très occupé par les humains, il ne l’est pas non plus par les plantes. De grandes dalles de béton et de bitume constituent son sol.

Réflexion: Dans la ville l’éclairage nocturne est déjà massif. Comment intervenir en zone urbaine avec de l’éclairage sans que cela paraisse insignifiant (quelques loupiotes perdues dans un océan lumineux) ? L’intervention n’a pas lieu en intérieur, où l’on pourrait configurer le rapport entre la lumière déjà présente et la lumière que l’on apporte. Même si la lumière est matériellement peu présente sur la zone où l’on intervient, elle est culturellement peu présente, ce qui pourrait faire passer notre intervention pour un simple éclairage public, ou une décoration un peu en avance sur Noël, une enseigne sans son magasin. La ville est le lieu de la lumière et de l’éclairage. Les éclairagistes travaillent déjà très bien en eux-mêmes. Comment intervenons-nous et dans quelle optique ?

Réflexion/observation: le contexte événementiel: Une fête de quartier.

Notre intervention ne prend pas pied dans une manifestation artistique mais dans une manifestation sociale. Néanmoins la place de l’art y est reconnue dans le sens où les organisateurs sont venus vers l’association Mire (cinéma expérimental et arts visuels) à la recherche de projets d’artistes pour cette manifestation. Les organisateurs de la manifestation de quartier sont dans l’idée de mettre en valeur le lieu. De par leur rencontre avec Mire cette idée de mise en valeur s’est développée sur la base d’une intervention par la lumière.

Piste de travail: le climat. Il s’agirait d’établir une intervention artistique dans un format comparable à ce que serait un microclimat.

Autre piste: jouer un jeu de transposition en transposant dans le terrain vague de la Cale ce que nous avions déjà présenté au bar l’ Olympic à la Goutte d’Or à Paris le 30 juin 2004. L’exercice consisterait alors à extraire le principe (l’esprit) de la proposition artistique pour le développer dans une autre circonstance qui est la Cale. Cela demande une véritable approche plastique du site.

Hypothèse: l’intervention à base de lumière sur ce site serait un dessin, une préfiguration graphique hypothétique. La lumière serait utilisée comme outil de dessin. Les interventions lumineuses seraient les occupantes temporaires d’un terrain vague pour l’instant inoccupé.

L’occupation serait peut-être de l’ordre du squatte, dans le sens où elle ne répondrait pas à l’ordre d’une conception architecturale. Le squat est une organisation de fait, une organisation au coup par coup. Le squat peut être une phase de transition vers une organisation ultérieure et peut déclencher cette organisation.

L’éclairage est souvent utilisé comme outils de transformation, notamment en tant qu’éclairage de scène où des climats divers doivent êtres évoqués en très peu de temps et où le passage d’un climat à un autre se fait de façon très rapide. Ce n’est pas le fond qui change mais la forme.

TROIS INSTALLATIONS LUMIERE COHABITENT POUR PPRIVOISER, PONCTUER UN TERRITOIRE

…une expérimentation lumineuse FO-CALE d’Emmanuel LEDUC et Julien OTTAVI du collectif APO33…

La proposition d’apo33 consiste non pas tant dans une installation lumière mais dans la mise en place d’un espace d’expérimentation sur une semaine dans la Cale à bateaux pour explorer une hypothèse de création : re-construire un espace architectural/urbain déterminé en utilisant des projecteurs cinéma.

Deux aspects sont explorés :

* au niveau temporel : jouer avec le déplacement de lumière dans le temps.

Ce qui distingue les projecteurs cinéma de simples spots lumineux c’est la possibilité de créer une séquence lumineuse, c’est-à-dire de jouer avec le mouvement de la lumière dans un temps donné.  5 bandes (super 8 ou 16 mm) sur 5 projecteurs. Récupération de bandes de cinéma existantes pour les re-colorier en noir en laissant des transparences dessinant des formes géométriques de lumière évoluant dans le temps sur une durée très courte (1 minute maximum, répétée en boucle) : micro-séquences de déplacement de lumière.

* au niveau spatial : jouer avec l’espace matériel,

C’est-à-dire avec les différences de proportion et de distance, les renfoncements, excroissances etc. qui composent un bâtiment ou un environnement urbain pour dessiner des formes, cet espace matériel fonctionnant à l’inverse d’un écran de cinéma qui par sa platitude ne fait que renvoyer en miroir l’image projetée. La cale est un espace relativement désertique. Il s’agirait de travailler sur l’extérieur sur lequel ouvre la cale (la grue d’un côté, la rivière de l’autre, etc.), sur les différents paysages qui l’entourent pour mettre en lumière les proportions et distances qui définissent la relation de la cale à cet environnement. Les bandes cinéma seraient projetées dans l’espace environnant la cale produisant ainsi un jeu d’ombres et de lumière en mouvement. La projection dans l’environnement extérieur à la cale a pour but de confronter les formes lumineuses abstraites de la bande à des structures matérielles qui en transforment la forme. Le mouvement de la lumière aurait pour conséquence de virtualiser cet espace matériel en rendant ses lignes structurantes instables. L’expérimentation consisterait à explorer pendant une semaine les différents principes de lecture/écriture de l’environnement immédiat de la cale. Les 5 projecteurs pourraient ainsi être déplacé de jour en jour (de nuit en nuit) pour révéler un autre aspect de l’environnement urbain. Le résultat ne serait visible que la nuit.

…une installation lumière MOBILE de Luc KERLEO…

Lieu d’installation: à Nantes, sur l’île Beaulieu, côté port de commerce, aux alentours des rampes de mise à flot, au pied de la grue Titan. Dans le cadre d’une manifestation qui n’est pas spécifiquement artistique mais qui donne une part réelle (au sens de pas uniquement anecdotique) à la présentation de pièces d’artistes. Une association qui gère l’activité de restauration de bateaux à la Cale et qui participe à cette manifestation donne carte blanche à Mire (association de cinéma expérimental) pour fédérer les propositions de plusieurs artistes.

…une cabane lumineuse LE PHARE DE L’ÎLE de MIRE…

Mire propose une projection de lumière pure. Une cabane comme un phare éphémère, une percée dans la nuit, un faisceau interroge un territoire, deux temporalités de lumière. Ce dispositif propose un dialogue entre le phare et la projection cinématographique, révèle la relation particulière qu’ils entretiennent à la lumière et à l’optique: mouvement, diffusion, intermittence. Ce sont sur ces qualités communes que le dialogue repose. En cinéma, le faisceau lumineux transporte l’image, le phare, projète une position, un point fixe dans le paysage. Ici la lumière est un phare, un point d’ancrage sur le quai qui balise, ponctue un chemin à travers un terrain vague. Une cabane translucide abrite une mécanique de phare, ce qui crée une « image »: à la fois cabine de projection, la maison lumineuse, éclairée de l’intérieur, laisse échapper à un endroit et pour un instant le long rayon de la lumière pure.

…en collaboration avec l’association de réparation de bateaux, La Cale 2, dans le cadre de la manifestation île était une fois… et le soutien financier de la D.R.A.C des Pays de la Loire, le Conseil Général de Loire-Atlantique et la Ville de Nantes…

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